Quelles sont les obligations incendie pour une maison à ossature bois en 2025 ?

Vous souhaitez construire une maison bois, agrandir votre habitation existante avec une extension bois, ou simplement remplacer votre garage par une structure en ossature bois ? La première question qui revient presque systématiquement est : « Et le feu ? Est-ce que ça ne risque pas de brûler plus vite ? »

Rassurez-vous : tout a déjà été pensé, testé et encadré depuis des décennies. Une construction bois bien conçue ne présente aucun risque supplémentaire par rapport à une construction traditionnelle. Les normes françaises et européennes sont parmi les plus strictes au monde et garantissent exactement le même niveau de sécurité, voire supérieur dans certains cas.

Dans cet article, nous faisons le point complet et à jour en 2025 : règles applicables à la maison individuelle, comportement réel du bois face au feu, panorama des exigences pour les autres bâtiments et évolutions réglementaires à venir.

1. Maison individuelle ou maison groupée (moins de 28 m de hauteur)

  • Aucune limitation de surface ni de nombre d’étages spécifique au bois.
  • Pas d’obligation de sprinklage automatique.
  • Pas de compartimentage coupe-feu supplémentaire exigé.
  • Les seules exigences obligatoires sont communes à toutes les constructions neuves : – Détecteurs avertisseurs autonomes de fumée (DAAF) à chaque niveau et dans les circulations. – Respect des distances de sécurité vis-à-vis des limites séparatives (règles générales du PLU et du Code de l’urbanisme).

Le dimensionnement des éléments porteurs est réalisé selon le DTU 31.2 et l’Eurocode 5, qui intègrent directement la perte d’épaisseur par carbonisation afin de garantir au minimum 30 minutes de résistance au feu (R30), voire 60 minutes (R60) dans la majorité des cas.

2. Le bois face au feu : les faits techniques qui rassurent

Le comportement du bois en cas d’incendie est documenté depuis des décennies par les organismes officiels (CSTB, FCBA et CNDB). Voici les points clés validés par les essais normalisés (NF EN 1365, ISO 834) :

  • Vitesse de carbonisation stable et prévisible : 0,65 mm/min pour les résineux, 0,50 mm/min pour certains feuillus → on calcule exactement la section restante après 30, 60 ou 90 minutes de feu.
  • Conservation de la capacité porteuse : une poutre bois perd seulement 7 % de sa résistance à 300 °C, contre 50 % pour l’acier à 550 °C.
  • Absence de déformation brutale : pas de flambement ni de rupture soudaine comme avec l’acier.
  • Chute de débris enflammés très limitée sur les éléments de forte section (≥ 100 mm).
  • Production de fumées : la structure bois elle-même dégage peu de fumées toxiques ; la grande majorité provient des meubles, peintures et textiles, quel que soit le mode constructif.
  • Résultats d’essais grandeur nature : les murs ossature bois doublés plaques de plâtre atteignent 60 à 90 minutes de stabilité et d’isolation thermique sans protection supplémentaire ; les planchers CLT de 140 mm passent 90 minutes en standard.

Ces performances sont publiées dans la brochure CNDB « Sécurité incendie des constructions bois » (édition 2023) et dans les guides Eurocode 5 partie 1-2 (calcul au feu).

3. Sécurité incendie pour les autres types de bâtiments (hors maison individuelle)

Pour les logements collectifs, bureaux, écoles et commerces, la réglementation est plus stricte et continue d’évoluer :

En 2025, le bois reste autorisé partout, mais avec des exigences graduées selon la hauteur et l’usage. Jusqu’à 8 m (R+2 environ) les règles restent souples : peu de changements par rapport à aujourd’hui. Au-delà, les nouvelles instructions techniques (publication prévue mi-2025 pour les ERP et fin 2025 pour l’habitation collective) imposent généralement :

  • sprinklage automatique dès R+3 ou R+4 selon les cas,
  • cloisonnement coupe-feu REI 60 à REI 120 toutes les 1 200 à 1 600 m²,
  • désenfumage mécanique renforcé,
  • étude d’ingénierie feu obligatoire pour les immeubles de plus de 28 m (IGH) ou ceux utilisant plus de 30 % de bois en façade porteuse.

Plusieurs dizaines de projets de tours bois (jusqu’à 15 étages) sont déjà validés ou en chantier en France grâce à ces solutions techniques maîtrisées (encapsulation par plaques de plâtre, surdimensionnement, sprinklers).

4. Ce qui change réellement en 2025–2026

Maisons individuelles et groupées : aucun changement. Les exigences restent identiques à 2024. Logements collectifs, bureaux, ERP : deux textes majeurs arrivent :

  • Juin 2025 : nouvelle Instruction Technique relative à la construction bois pour les ERP.
  • Décembre 2025 : nouvelle réglementation nationale pour l’habitation collective (remplace les arrêtés locaux disparates). Ces textes harmonisent les règles sur tout le territoire et facilitent les projets bois en hauteur tout en maintenant un haut niveau de sécurité.

Conclusion

Pour une maison individuelle ou une extension bois, les obligations incendie sont légères, stables et entièrement prises en charge par le DTU 31.2, l’Eurocode 5 et la responsabilité du constructeur et du bureau de contrôle. Le bois est un matériau sûr, prévisible et parfaitement adapté à la construction résidentielle.

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